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La Solitude


les pages jaunes
L’ampleur du phénomène
La fragilisation du lien social
L’incapacité à se projeter
et à s’extraire de l’isolement

Les inégalités face à l'isolement
Les catégories les plus touchées
Le sentiment d'être seul
Comment être heureux
Reportage Arte
Marine Le Pen Front nationnal
Le chomage


solitude


Un Français sur dix est frappé par la solitude

Les personnes concernées, n’auraient que
deux ou trois conversations par an avec autrui.


56% d’entre eux avoue que cette solitude est apparue de manière
soudaine à la suite d’un événement en particulier.

Contrairement aux idées reçus, les citadins seraient autant frappés
par cette exclusion que les ruraux.

Le revenu joue un rôle non négligeable.
Les personnes vivant avec 1.000 euros par
mois ont quatre fois plus de chance de tomber dans la solitude
que celles dont le salaire peut atteindre les 4.000 euros par mois.

Et si la canicule de 2003 avait mis en évidence l’isolement des
personnes âgées, les moins de cinquante ans seraient eux aussi de plus
en plus touchés par ce phénomène. A l’heure où les Facebook et autres
Twitter comptent de plus en plus d’adhérents, un tiers des personnes
se disant seules auraient moins de cinquante ans, selon La Fondation de France.
La raison principale serait un desserrement grandissant du lien social.

Plus de réseaux sociaux, moins de lien social
Parmi les facteurs permettant d’expliquer ce phénomène on trouve le
chômage, qui prive les personnes touchées d’un lien professionnel. Les
déménagements sont aussi une cause de solitude puisque brutalement,
les personnes sont éloignées de leurs familles, collègues ou amis.

A l’heure des départs en vacances, même si les agences de voyages
organisent de plus en plus de séjours pour célibataires, certaines
personnes se sentant seules ne voient pas l’utilité de partir. C’est
ce que souligne ce témoignage recueilli par La Fondation de France :
« Prendre des vacances, pour quoi faire? Je suis seul.»

Et l’avenir n’est pas très encourageant. En plus des six millions de
français qui se sentent seuls,
il faut ajouter qu’un sondé sur quatre
n’est liée à la société que par un seul réseau.
Ainsi, ces personnes entretiennent un lien social très mince,
qui pourrait être rompu très rapidement.

Et vous, vous sentez-vous suffisamment entouré ?
Souffrez-vous de solitude ?





la solitude frappe hommes et femmes dès 40 ans, dans les grandes villes comme dans les villages et les campagnes.

Tout se passe comme si les réseaux de socialisation
- famille, amis, collègues, voisins, vie associative - ne parvenaient plus à entretenir des liens solides et durables.
Ce phénomène est d’autant plus préoccupant qu’une part importante de la population
23% n’a de relations qu’au sein d’un seul réseau.

Si ce dernier se rompt - un déménagement peut y suffire -,
les personnes tombent dans l’isolement total.
Dans un tel contexte, les plus fragiles économiquement sont les plus concernés :
les statistiques révèlent une corrélation forte
entre précarité économique et isolement relationnel.
Qu’il s’agisse de santé, d’accompagnement vers l’emploi, de vie de quartier,
d’habitat, de handicap, de retraite ou de fin de vie ...
la plupart des soutiens accordés par nos comités d’experts
visent, entre autres, à rendre possible l’existence de relations sociales vivantes et adaptées.
Selon la Fondation de France, une telle visée implique quelques fondamentaux :
 assurer un équilibre entre l’autonomie de la personne
et des solutions de vie collectives qui respectent l’individu ;
 redonner un sentiment d’utilité aux personnes seules en leur permettant d’être des
contributeurs et pas seulement des « bénéficiaires » ;
 s’adapter en permanence aux individus et ouvrir des « possibles »
en respectant les choix de vie de chacun.
Conscients que le défi est immense, nous continuerons à apporter
notre pierre à l’édifice en soutenant, en diffusant les pratiques intelligentes et utiles.

Nous le ferons avec les associations
actives sur le terrain, avec les donateurs petits et grands.
Nous devons tous rester conscients que la solitude et l’isolement d’un nombre
trop important de personnes constituent une voie sans issue, tant pour ceux
qui s’épuisent à l’affronter que pour la société à laquelle ils appartiennent.

Francis Charhon Les solitudes en France en 2016 – Fondation de France
L’étude suivante a été réalisée par l’institut d’études TMO Régions
auprès de la population française. L’enquête a été conduite selon la méthode des quotas
- âge catégorie socio-professionnelle taille de commune territoire -



La durée moyenne de passation des enquêtes oscillait entre 12 et 21 minutes.
Une série d’entretiens qualitatifs a été conduite pour approfondir auprès des personnes en
souffrance les raisons et le vécu des situations d’isolement.

Les solitudes en France en 2016– Fondation de France




Nombreux sont les auteurs qui soulignent et s’inquiètent de l’affaiblissement des grands
pourvoyeurs de sociabilités. Le travail, le territoire, les classes sociales, la famille, les réseaux
religieux, syndicaux, politiques ou associatifs perdraient progressivement leur capacité à intégrer
les individus dans un système de relations durables, laissant le soin à chacun d’inventer ses
propres réseaux et ses propres formes de sociabilités.

Ce phénomène n’est pas nécessairement nouveau,
mais il s’exprime aujourd’hui avec une force qui place l’isolement
au coeur de la question sociale




 Sur le plan du travail, le chômage, le développement de l’intérim, de la sous-traitance, le
durcissement des conditions de travail, le développement du temps partiel, la raréfaction
des appartenances de métier et des sentiments corporatistes, les nouveaux modes de
management affaibliraient le travail dans sa fonction intégratrice.
 Sur le plan de la famille, la banalisation de la monoparentalité, l’augmentation du célibat,
la mobilité résidentielle, le desserrement des relations intrafamiliales,
ne permettraient plus àla famille de jouer le rôle qu’elle a tenu durant des décennies.
 Sur le plan sociétal, de plus en plus de personnes âgées, précaires, malades ou
handicapées se sentiraient " inutiles au monde " (B. Geremek)
jusqu’à se replier et se retirer de la vie sociale.

Ces processus de désaffiliation ou de désinsertion
(pour reprendre le concept de Vincent de Gaulejac) ont été largement mis en évidence
et analysés par les observateurs de la vie sociale.
La solitude et l’isolement des personnes âgées, des personnes handicapées,
les risques liés à la monoparentalité, au chômage
ou à la précarité ont été mainte fois commentés.

rencontre photo

Pour autant, le phénomène n’a jamais véritablement fait l’objet d’une étude globale
permettant d’en mesurer l’ampleur et d’évaluer la part de la population française
en situation de souffrance du fait de l’isolement.




Compte tenu de ses missions et de sa vocation, la Fondation de France
est particulièrement attentive et inquiète par ce phénomène

d’une part, en raison de ses conséquences sociales et de
la souffrance qu’il induit ; d’autre part, parce qu’il affecte l’ensemble
des populations auxquelles la Fondation souhaite apporter son soutien.
La Fondation de France a donc décidé d’engager une
démarche d’étude visant à mieux évaluer et appréhender le phénomène.
Cette note de synthèse restitue les grands enseignements de cette enquête.



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